Vielle à roue

La vielle à roue est un instrument à cordes frottées par une roue en bois au lieu d'un archet. La roue est tournée avec une manivelle, pendant que la main gauche du musicien joue la mélodie sur un clavier.



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  • Deux cordes sur six, nommées les chanterelles, servent à jouer la mélodie à partir... la vielle à roue est restée un instrument vivant.... (source : guitariste)
Vielle vers 1980

La vielle à roue est un instrument à cordes frottées par une roue en bois au lieu d'un archet. La roue est tournée avec une manivelle, pendant que la main gauche du musicien joue la mélodie sur un clavier.

Histoire

Vielle à roue du XIVe siècle, représentée sur un triptyque du monastère de Piedra à Saragosse.

La vielle à roue apparaît au Moyen Âge, dès le IXe siècle, approximativement un siècle après l'invention de la manivelle. On en trouve de nombreuses représentations sculptées (chapiteaux d'église) ou peintes, par exemple par Jérôme Bosch. Initialement instrument de cour pour qui Bâton et Vivaldi ont écrit quelques pages, la vielle fut détrônée par le piano-forte et son usage fut alors plutôt réservé aux mendiants.

Vielle à roue du XIIIe siècle, représentée sur un chapiteau de la cathédrale de Burgos.

À la fin du XVIIe siècle, l'aspect de la vielle est toujours simple et rustique, d'une forme environ carrée. C'est uniquement à la fin du siècle qu'un luthier de Versailles commence à monter des mécanismes de vielle sur des corps de guitare ou de luth. Cela donne aux instruments un ton plus doux et en même temps plus fort que celui des vielles anciennes. Au cours du XVIIIe siècle, des instruments fabriqués avec énormément de soin et richement ornés font leur entrée à la cour. Les luthiers Guersan, Lambert, Louvet, Varquin et Salomont étaient les plus performants vers le milieu du siècle. Pendant cette période, énormément d'œuvres ont été composées pour cet instrument, entre autres les six sonates «Il Pastor Fido» attribuées à Antonio Vivaldi.

La révolution française va provoquer un second changement profond de l'usage de la vielle, qui revient alors dans le domaine des instruments régionaux et populaires.

Au XIXe siècle, elle tombe en désuétude avant que le Berry, en quête d'identité, ne s'empare de l'instrument mais aussi de la cornemuse pour en faire ses emblèmes. La société des Gâs du Berry[1], fondée par Jean Baffier en 1888, solidifie cette réputation. Au XXe siècle, dans les années 1960 et 1970, le mouvement «folk» se l'approprie de nouveau et les groupes dits «folkloriques» se forment.

Depuis, l'instrument est en constante évolution : on l'électrifie et la vielle électroacoustique apparaît ; ce qui fait actuellement la joie de musiciens comme Marc Anthony ou Gilles Chabenat, habitués de ce type d'instrument. Certains utilisent énormément l'électroacoustique de la vielle, comme Grégory Jolivet ou Yann Gourdon. D'autres, comme Patrick Bouffard, préfèrent continuer à explorer la vielle dans sa simplicité en faisant plutôt fluctuer les mélanges de styles musicaux. Et puis il y a les grands maîtres d'aujourd'hui dont la maîtrise de l'instrument, d'une précision hors du commun, est extraordinaire : citons Valentin Clastrier. Mais l'évolution de la vielle, n'est pas sans liens avec les génies d'hier tels que Gilbert Malochet (1859-1945), le légendaire Gaston Guillemain (1870-1965) et Gaston Rivière (1909-2004) dont les professeurs furent les deux qui ont précédé. Il faut mentionner aussi l'illustre André Dubois, dernier rescapé de cette tradition, dont la Méthode de vielle fait toujours référence.

Vielle à roue vers 1750
Vielles hongroises

Aujourd'hui, l'instrument continue à évoluer : on affine toujours et toujours la qualité de la vielle et les luthiers sont en quête d'un son pur et précis. L'intérêt pour la vielle a grandi, on la retrouve quelquefois même dans les compositions modernes de la chanson française (Stefan Eicher, Olivia Ruiz, Stille Volk, ou encore Yves Jamait), mais également dans le Folk metal, tel le groupe Eluveitie qui utilise cet instrument, mais le défaut majeur de notre époque est que la vielle électroacoustique prend médiatiquement le pas sur la vielle acoustique, ce qui entraîne quelquefois la désillusion des débutants : c'est la grande question de l'actualité viellistique.

L'apprentissage de la vielle est depuis les années 1970 envisageable dans certains conservatoires avec des maîtres-sonneurs comme Jacky Aucouturier à Châteauroux, qui y fonde la première classe de vielle de France en 1977, ou Jean-François «Maxou» Heintzen dans le Bourbonnais.

Le conservatoire à rayonnement régional de Limoges a aussi vu la création du premier département de musique traditionnelle de France, en 1987. La classe de vielle à roue est dirigée par Philippe Destrem, qui enseigne aussi la cornemuse.

Facture

Mécanisme de la vielle

Deux cordes, nommées chanterelles, passent par le clavier ; leur longueur de vibration est changée par l'action des touches nommées sautereaux. Le sautereau est un élément du clavier de la vielle à roue qui comprend des tiges coulissantes pour chaque note. Les sautereaux sont fixés sur chaque tige par groupe de deux (deux cordes en chanterelles) et permettent, comme le doigt du violoniste, de déterminer la partie de corde vibrante. Après appui sur la tige du clavier, celle-ci est rejetée par la vibration des cordes, faisant ainsi reculer la paire de sautereaux.

Un nombre variable de cordes, passant hors du clavier, émettent chacune un son, formant ainsi un accord continu : ce sont les bourdons (gros bourdon, petit bourdon, mouche et corde de chien ou trompette). Au-dessous des bourdons se trouvent quelquefois des cordes sympathiques qui donnent au ton un caractère plus doux.

Parmi les bourdons, une corde spécifique donne cette caractéristique originale de la vielle qui est de pouvoir rythmer une mélodie. Cette corde ne passe pas sur un chevalet fixe, mais repose sur une petite pièce de bois nommée le «chien», elle-même maintenue sur la table d'harmonie par la pression de la corde. Quand cette corde vibre suffisamment, la pièce de bois vibre alors sur la table, et génère un son comparable à un grésillement. L'instrumentiste produit cette vibration par une frappe de la manivelle, qu'on nomme détaché ou «coup de poignet».

Notes et références

  1. La société des Gâs du Berry

Galerie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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