Pierre Roussel

Pierre Roussel, né à Paris 28 septembre 1723, décédé le 7 juin 1782 à Paris fut un maitre ébéniste, marqueteur talentueux et marchand.



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Ébéniste - Ébénisterie - Artisanat du bois - Bois

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  • ) Fils d'un compagnon ébéniste, il établit son atelier dans le faubourg Saint-Antoine, rue de Charenton, dans un magasin à ... (source : christies)

Pierre Roussel, né à Paris 28 septembre 1723, décédé le 7 juin 1782 à Paris fut un maitre ébéniste, marqueteur talentueux et marchand.

Biographie

Pierre Roussel est né à Paris le 28 septembre 1723[1]. Il est le fils de Michel Roussel (compagnon ébéniste) et de Barbe Dulin. Issu d'une famille pauvre, ses trois frères (Jacques, Michel et Louis) devinrent menuisiers et une de ses sœurs, Françoise, épousa un boucher (Pierre Bérard) en 1743 à à peu près 20 ans.

La même année, il convola en juste noce avec Marie-Antoinette Fontaine sans contrat de mariage[2].

De cette union, naquirent deux fils : Pierre-Michel l'ainé et Pierre dit «le jeune» et quatre filles : Marie-Françoise, Françoise, Catherine et Marie.

Il fut reçu Maitre ébéniste le 21 août 1745 et s'installa dans le Faubourg Saint-Antoine, Rue de Charenton en face de la Rue Saint-Nicolas à l'enseigne “L'Image de Saint Pierre”.

Rapidement, sa carrière commence à prospérer comme ébéniste[3], mais en particulier comme marqueteur talentueux, à tel point qu'il devint juré de sa communauté dès 1762[4], puis juré comptable en 1763-1764. Il établit alors une liste des pauvres maitres ébénistes devant être assistés par la Jurande. (Le fait d'être maître ne garantissant pas nécessairement un revenu suffisant pour vivre!) [5]

Sa notoriété atteint des sommets dès 1767, comme le confirme Salverte [6] qui mentionne que Pierre Roussel, qui avait été choisi comme expert pour arbitrer un différend entre deux collègues, était reconnu comme l'un des tout meilleurs ébénistes de sa période. Affirmation reprise dans «l'Almanach d'indication générale ou du vray mérite» de 1769 qui le cite comme l'un des tout premiers ébénistes de Paris.

Ses deux fils, devenus ses élèves et assistants, furent reçus «maitres», le 28 août 1766 pour Pierre-Michel et le 13 août 1771 pour Pierre dit «le jeune».

Pour preuve supplémentaire de notoriété et de fortune, s'il en est besoin, il maria au moins trois de ses filles à des personnages assez importants pour l'époque : Marie Françoise à Nicolas Balthazar Coulon (Commis de greffe), Françoise à Pierre Préaux (Notaire royal) et Catherine à Jean Jacques Retou (Maitre Carteur). Son fils ainé, Pierre-Michel épousa Marie Anne Josèphe Lemarchand[7] à Dieppe le 5 octobre 1773. La même année, Pierre Roussel s'achète une maison de 25 000 livres et loue deux autres maisons : la première location pour exposer ses œuvres, rue du Faubourg St Antoine à l'enseigne «Coupe d'or» et la seconde comme entrepôt[8].

Reconnu et apprécié par ses pairs, il devient député du corps des ébénistes en 1777, puis syndic adjoint en 1779 et enfin syndic l'année suivante.

À sa mort, en 1782, sa veuve prit la gérance de l'établissement aidée du cadet de ses fils : Pierre le jeune. Sa succession comprenait 244 pièces représentant un total de 18 000 livres.

Pierre le jeune figure en 1785 et 1786 comme fournisseurs aux Menus Plaisirs de Versailles, mais semble n'avoir survécu que peu de temps et mourut avant 1789 [9]

Pierre-Michel s'installa au 310, rue St Honoré et vendit son fonds de commerce au mois de fructidor de l'an II. (Soit en aout - septembre1793) et se retira rue de Grammont[10]. Veuf en 1810, il décéda le 15 décembre 1822 à la tête d'une importante fortune[11].


Son estampille

Estampille de Pierre Roussel

Il signa ses œuvres de l'estampille «P. ROUSSEL». Si Pierre «le Jeune» continue d'utiliser la même estampille que son père après sa mort, Pierre-Michel déposera un poinçon un peu différent : lettres plus hautes, plus rondes et sans léger empattement. S'il n'y a pas de doute pour l'attribution des meubles au père pour la période Louis XV, pour les périodes postérieures, seul un expert est capable de faire la différence entre les réalisations attribuables au père ou à ses fils[12].

Son art

Coiffeuse de Pierre Roussel

Pierre Roussel développa une grande renommée comme ébéniste d'excellente qualité et marqueteur hors pair. Il fut reconnu de son vivant comme l'un des premiers ébénistes de la capitale. Ses productions sont aussi nombreuses que variées. Son œuvre s'adapte à l'ensemble des styles du XVIIIe siècle, du rocaille au néoclassicisme en passant par le Transition. Ses œuvres, les plus caractéristiques, sont des meubles Louis XV et Transition avec des marqueteries de paysages, de fleurs ou d'instruments de musique. Il pratique les marqueteries géométriques à encadrement de grecques ou à fleurs de bois clair et nœuds de rubans[13].

Il travailla pour ses confrères ébénistes et marchands comme Pierre Migeon, Adrien Delorme, Joseph Baumhauer, Jean Pierre Latz et Mathieu Guillaume Cramer [14]

Il a apporté Honet et Thurin en 1769, puis Bétault et Ravary en 1771 (et semble même avoir eu avec ces derniers une exclusivité !). Il fit travailler les bronziers Joseph Noël Turpin, André Ravrio, Dubost et le doreur Trufot.

Nombre de ses œuvres se trouvent dans l'ensemble des grands musées de France et du monde (voir ci-dessous Chapitre «Les œuvres de la famille Roussel dans les Musées»)

Ses clients

Entre 1775 et 1780, il reçut des commandes du Prince de Condé pour le Palais Bourbon et le Château de Chantilly pour une valeur de plus de 10 000 livres[15] Curieusement il n'a pas fait de livraison à la Garde Meubles (du Roi) [16], [17].

Grace à son brutal décès, l'inventaire de sa succession[18] nous apporte un instantané sur ses créditeurs et débiteurs.

Il était en relation avec des marchands de province et d'Europe


• Madame veuve Padelenety à Tours

• Sieur Devin à Angers

• Sieur Vincent à Rouen

• Sieur Charité à Rouen

• Mdme Padeloup à Amsterdam

• Le marchand tapissier : Grandon et les merciers : Tesnière et Pupart [19]


Parmi ses clients (outre ceux déjà mentionnés), on peut citer

• le Comte Cromot de Fongy,

• le Marquis de Timbrune,

• la Princesse d'Arenbourg,

• M. Boulogne de Préninville[20]


Ses œuvres dans les Musées

Musée du Louvre, Paris[21], [22].

• Une grande table (Louis XV) [23]

• Grand bureau[24]

• Grand régulateur ayant appartenu au Duc de Penthièvre


Musée des Arts Décoratifs, Paris

• Commode et encoignures (Louis XV)

• Encoignures (Louis XV)

• Coiffeuse à caissons (Louis XV)


Musée Carnavalet, Paris

• Petite commode (Transition)


Musée Jacquemart André, Paris

• Commode Transition [23]


Petit Palais, Paris

• Petite table rognon

• Commode Louis XV portant à la fois les marques de Delorme et Roussel [25]


Waddesdon Manor, Londres

• Table à écrire dont on admirera spécifiquement ses fidèles répliques de planches gravées[26]


Museum of fine Arts of Boston, MA

• Commode (Transition)


Museum of Art of Cleveland, OH

• Commode (Louis XV)

• Petit meuble à Bijoux (Transition)

• Encoignures Louis (XVI)


Metropolitan Museum of Art (New York, N. Y. )

• Secrétaire (Louis XVI) [27]


Musée des Arts Décoratifs de Budapest

• Commode (Transition) avec une décoration d'instruments de musique


Notes et références

  1. Archives numérisées de la ville de Paris : [1] puis voir photo N°12
  2. Inventaire de succession de Pierre Roussel : A. N. Minute Notaire 12 mars 1783 LXIX 768
  3. Il est associé avec l'ébéniste Delorme vers 1750 – 1760 Réf : Petit Palais : Commode bâtie en hêtre, et sapin pour les tiroirs, placages de bois de rose, amarante, poirier, charme; bronzes dorés Estampilles : Delorme, Roussel et JME (marque de jurande) entrée au musée en 1930 - Inv. OTUCK00060
  4. Le faubourg Saint-Antoine et ses "faux ouvriers" Par Alain Thillay page 318
  5. Archives Nationales, Réf : Y-11085, 07/02/1767
  6. "Les Ébénistes Du 18e Siècle, Leurs Œuvres Et Leurs Marques 1934 - 3e Édition Revue et Augmentés de 500 Reproductions et Estampilles" Comte François De Salverte
  7. Sœur de l'ébéniste Charles Joseph Lemarchand
  8. Archives Nationales O/3070, 0/3072, 0/3076B
  9. Les artistes décorateurs du bois» par Vial, Adrien Marcel et André Girodie de 1922 «mentionne sa veuve en 1789»
  10. «Le mobilier français du XIXe siècle Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers 1795 1889» Édition de l'Amateur 1984
  11. Archives Nationales MC XXVIII, rep 19; Proc. 4 avril 1826
  12. «Les ateliers parisiens d'ébénistes et de menuisiers aux XVII et XVIII siècle» Guillaume Janneau
  13. Le XVIIIème siècle sur le site Paris.
  14. «French Furniture Makers» par Alexandre Pradere, Sotheby's publication 1989
  15. Catalogue of the Taft Musuem par le Taft Musuem. 1939
  16. «Les ébénistes du XVIIIe siècle français»‎ - Page 129 Jean Meuvret, Claude Frégnac - 1963
  17. «L'ancienne France au quotidien : la vie et les choses de la vie sous l'Ancien Régime»‎ - Page 307 Michel Figeac - 2007 - 590 pages
  18. Inventaire de succession de Pierre Roussel : A. N. Minute Notaire 12 mars 1783 LXIX 768 : L'inventaire de succession datée de mars 1783 a été expertisé par les ébénistes Jean François Leleu et Jean Baptiste Cochois. C'est une entreprise en pleine expansion qui comprenait 3 ateliers avec 7 établis, un lieu de stockage et une boutique. Le stock était constitué de 244 articles, 50 commodes (rectangulaires ou circulaires) estimées entre 50 et 560 livres. Il y avait aussi des consoles, des encoignures, tables à diner, tables à l'anglaise et “à la dauphine”, tables ovales, coiffeuses, tables de nuit, chiffonnières, tables de jeu… La pièce ayant l'estimation la plus élevée était un bureau avec son cartonnier d'une valeur de 720 livres. La mention de nombreux dessus en marbre accrédite la thèse que ces meubles étaient conçus pour la vente dans la boutique de Roussel et non à un autre marchand-ébéniste.
  19. Pierre Roussel ébéniste et marchand de LEMONNIER P.  ; L'Estampille (L'). L'Objet d'Art 1989, no230, pp. 40-45
  20. Ibid. p 44
  21. Pierre Kjellberg, Le mobilier Français du XVIII siècle, Paris, 1998, p. 733, fig. A, p. 215.
  22. Thibaut Wolversperges, Le Meuble Français en Laque au XVIII siècle, Paris, 2000, p. 304, fig. 168
  23. Ebeniste : Roussel Pierre
  24. Les meubles français du XVIIIe siècle, Volume 2‎ - Page 50 Pierre Verlet – 1956
  25. Numéro d'inventaire : OTUCK00060 Cf : http ://petitpalais. paris. fr/fr/collections/commode
  26. The James A. de Rothschild collection at Waddesdon Manor, Volume 5, Partie 2‎ - Page 880 1967
  27. Decorative art from the Samuel H. Kress Collection at the Metropolitan Museum of Art - Page 86 Metropolitan Museum of Art (New York, N. Y. ), James Parker, Edith Appleton Standen, Carl Christian Dauterman, Samuel H. Kress Foundation - 1964 - 303 pages


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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