Louis Moreau

Louis Moreau, né vers 1740, décédé le 3 mai 1802 sur l'île d'Anjouan, était un marchand et un ébéniste de renom, ainsi qu'un révolutionnaire français.



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Ébéniste - Ébénisterie - Artisanat du bois - Bois - Personnalité de la Révolution française - Naissance en 1740 - Décès en 1802 - Mort en déportation

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  • Le livre consiste d'articles Wikipedia sur : Émile Gallé, Liste D'ébénistes, Pierre Roussel, Lambert Xhrouet, Louis Moreau, Louis Majorelle, André-Charles... (source : amazon)

Louis Moreau, né vers 1740, décédé le 3 mai 1802 sur l'île d'Anjouan, était un marchand et un ébéniste de renom, ainsi qu'un révolutionnaire français.

Louis Moreau : l'ébéniste

À la suite de la faillite de l'ébéniste Denis Genty en 1762 (maître en 1754), Louis Moreau racheta sa boutique à l'enseigne «À la descente des Tuileries» de la rue de L'Échelle-Saint-Honoré, à Paris, qu'il rebaptisa : «À la Petite Boule Blanche».

Louis Moreau accéda à la maîtrise le 27 septembre 1764. Son œuvre se définit par des placages d'acajou, des décors floraux marquetés mais aussi des ornementations de bronzes dorés et ciselés [1].

Son talent lui apporta rapidement une clientèle de renom ce qui ne l'empêcha pas de déposer le bilan le 21 juin 1768 ! Parmi ses débiteurs figuraient le comte d'Egmont et de Modène, le marquis de Montpezat, le comte de Montbarrey…[2].

Louis Moreau : le marchand ébéniste

Dès 1771, on le retrouve aux affaires, mais comme marchand cette fois. A cette date, il acheta à son confrère Charles Topino des meubles plaqués en bois de rose et d'amarante et en contrepartie lui vendit des bois d'ébénisterie. [3]

Il associe rapidement ses qualités d'ébéniste à celles de marchand, faisant surtout travailler des artisans de renom tel que les ébénistes : Jacques Bircklé, Pierre Antoine Foullet, Léonard Boudin, Charles Topino (le père du peintre François Topino-Lebrun), Jean-François Œben, Jacques-Laurent Cosson, dont il fera l'inventaire de son atelier après la mort de sa femme en 1782, mais aussi les fondeurs Guinard et Cottin.

Le fait que Louis Moreau ne réalisait qu'une partie des meubles qu'il vendait fait planer énormément d'incertitudes sur les meubles portant son estampille. Énormément de ces meubles sont en fait l'œuvre d'autres ébénistes. Cette pratique des marchands de l'époque permettait d'accroître la valeur du mobilier à la vente et d'éviter que les acquéreurs ne s'adressent directement aux maitres ébénistes.

Louis Moreau apporte une riche clientèle aristocratique mais aussi la surintendance des Menus-Plaisirs, administration royale particulièrement chargée de l'organisation des fêtes et des cérémonies à la cour, qui lui commanda à plusieurs reprises, sous Louis XVI, des pièces de mobilier (En particulier en 1786).

Ses produits furent particulièrement diversifiés, mais aussi le prouve une étiquette retrouvée sur l'un de ses meubles avec la mention «Fait et tient Magasin : Secrétaire, Armoire, Commode, Bibliothèque, Bureau à cylindre, Table à jouer, Table Anglaise d'Acajou, et tout ce qui concerne la Menuiserie et l'Ébénisterie à Paris»[4], [5], [6], [7], [8].

Reconnu par ses pairs, il devint en 1784 député de sa Corporation. [9]

En 1789, il est mentionné comme arbitre de sa profession dans les différents : Wattaire -Lienard (jugement du 1er mars 1789) et Amont - Paffrat (jugement du 8 juillet 1789) [10]

À la Révolution française, ses affaires périclitèrent rapidement, comme celles de l'ensemble des ébénistes de France, du fait de la perte de leur clientèle. Dès 1793, il dut mettre en location une maison meublée[11] et transféra son enseigne au 1514 rue St Honoré (qui devint plus tard le 352) vis-à-vis les Feuillants (près de la Place Vendôme).

Louis Moreau : le Jacobin

Il s'impliqua assez tôt dans la politique, dans un premier temps comme conseiller de sa corporation en 1784, puis comme syndic adjoint en 1787 et enfin comme premier syndic en 1788. Il fut maintenu en fonction pour présider la dissolution de la communauté en octobre 1789.

On le retrouve en 1797 comme militant au Cercle Constitutionnel du faubourg Saint-Antoine, où on lui prête des convictions babouvistes. [12]

Après l'Attentat de la rue Saint-Nicaise, il est membre de la liste de proscription de 133 noms établie par Fouché, ministre de la Police puis soumise au conseil d'État et votée par le Sénat le 15 nivôse an IX (5 janvier 1801).

Louis Moreau fut déporté aux Seychelles sur la corvette La Flèche, qui le débarqua à Mahé le 25 août 1801. Louis Moreau reprit son activité d'ébéniste et fabriqua plusieurs meubles en takamaka [13] tant et si bien, qu'en moins de six mois, il gagna 70 piastres en son spécifique et 30 piastres en commun avec son compagnon d'infortune Thirion (lui aussi du faubourg Saint-Antoine). Cela représentait à peu près 3 ans de salaire d'un ouvrier au travail physique modéré[14].

Les colons des Seychelles, effrayés de voir les autochtones de l'île côtoyer les idées pernicieuses des réprouvés, obtinrent l'éloignement de 33 d'entre eux estimés comme les plus dangereux. Ainsi, le 18 mars 1802, la corvette le Bélier emporta Louis Moreau vers l'île d'Anjouan, où il mourut le 3 mai 1802 avec une vingtaine d'autres déportés, sans doute d'une épidémie[15], [16], [17], [18], [19], [20], [21].

À sa déportation, sa femme, Louise Josèphe Lemoine, décédée le 9 vendémiaire an XI à à peu près 52 ans (1er octobre 1802), et son fils Louis (maître vers 1791) [22] (il utilisa la même estampille que son père) reprirent le magasin et le conservèrent jusque vers 1814 - 1815 [23], [24] [25], [26], [27], [28].

Notes et références

  1. Une commode Transition à double ressaut estampillée L. MOREAU et provenant de la collection Kress est aujourd'hui conservée au Metropolitan Museum of Art, à New York. D'autres meubles dans les Collections : Espirito Santo, Grognot et Joinel…
  2. Archives Départementales de la Seine : Consulat, bilans, livre du Commerce Cat : 28
  3. «Les artistes décorateurs du bois» Tome II de M-Z et supplément par Henri Vial, Adrien Marcel et André Girodie 1922
  4. Le mobilier français du XVIIIe siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Pierre Kjellberg, Paris, 1989, p. 594.
  5. Les Ateliers parisiens d'ébénistes et de menuisiers aux XVIIe et XVIIIe siècles, par Guillaume Janneau 1975, p. 189.
  6. Les Ébénistes du XVIIIe siècle français, par Jean Meuvret, Claude Frégnac, 1969.
  7. Revue des deux mondes, p. 870, année 1930.
  8. André-Charles Boulle et sa famille, par Jean-Pierre Samoyault, vol. 40, 1979, p. 52.
  9. Table de la Communauté ; Almanach des Bâtiments
  10. «Les ébénistes parisiens (1795 -1830)» par Denise Le Doux – Lebard 1951 p222
  11. Annonce parue dans le Journal de Paris du 16 avril 1793.
  12. Histoire de la double conspiration de 1800 contre le gouvernement consulaire et la déportation qui eut lieu dans la seconde année du Consulat ; contenant les détails authentiques et curieux de la machine infernale et sur les déportés, par Fescourt, Paris, Guillaume, 1819, XII.
  13. Revue Historique : «Documents sur les déportations du Consulat» Tome septième, troisième année, Mai - Aout 1878, Paris, Librairie Germer Baillière Page 89 (note de bas de page) «Louis Moreau ébéniste (ce déporté fit aux Seychelles plusieurs meubles avec un bois spécifique au pays : le tatamara'sic'!)» http ://www. archive. org/details/revuehistorique07pariuoft
  14. Les Déportations du Consulat et de l'Empire (d'après des documents inédits)  : index biographique des déportés, par Jean Destrem, Jeanmaire, Paris, 1885, p. 108.
  15. «Les derniers terroristes» dans la Revue des deux mondes, 1930, n° 550, p. 287-318, n° 550, p. 579, et n° 551, 1931, p. 184-209 et 420-450.
  16. Les Derniers terroristes de Georges Lenôtre, 1932, p. 123.
  17. Le Faubourg Saint-Antoine, 1789-1815, de Raymonde Monnier, 1981, p. 274.
  18. Mémoires de Joseph Fouché, Duc d'Otrante, ministre de la police Générale, réimpression de l'édition de 1824, Osnabrück, BiblioVerlag, 1966, Gesamtherstellung Proff&Co.
  19. 'Les Infortunes de plusieurs victimes de la tyrannie de Napoléon Bonaparte ou Tableau des Malheurs de soixante et onze Français déportés sans jugement aux iles Seychelles a l'occasion de l'Affaire de la machine infernale du 3 nivôse an IX, par J. B. A Le Franc, Paris, 1816, p. 71–73.
  20. «Les corporations, les "faux ouvriers" et le faubourg Saint-Antoine au XVIIIe siècle», Steven Kaplan, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1988, vol. 43, n° 2, p. 353-378.
  21. Révolution française et Océan Indien, par Claude Wanquet, Benoît Jullien, Indian Ocean International Historical Association, Université de la Réunion. Faculté des lettres et sciences humaines, 1996.
  22. Le Mobilier français du XIXe siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Pierre Kjellberg, Paris, 1989.
  23. . Il figure dans les Almanachs du commerce jusqu'en 1814 inclus
  24. «Almanach portatif des commercans de Paris» 1806.
  25. Journal des débats et des décrets de 1810.
  26. Table Communauté Almanach des Bâtiments en 1806
  27. Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l'An II (Soboul et Monnier) 1985.
  28. Archives nationales de Paris F 6271 à F 6276 ; de la Marine BB 158, 165 – 166 et C 137 et des Colonies C 115 et 145; Archives de la Préfecture de Police AA 273 à 282; Bibliothèque historique de la ville de Paris, Ms 969, Papiers Lenôtre.

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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