Baguette de chef d'orchestre

Une baguette de direction est un instrument utilisé par les chefs d'orchestre pour indiquer le tempo, la mesure et les attaques durant l'exécution d'une œuvre musicale, au moyen d'une gestique appropriée.



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une baguette de direction moderne.

Une baguette de direction est un instrument utilisé par les chefs d'orchestre pour indiquer le tempo, la mesure et les attaques durant l'exécution d'une œuvre musicale, au moyen d'une gestique appropriée.

Particularités

La plus grande baguette de direction du monde, d'environ 3 mètres, a été utilisée le 14 octobre 2006 à Harvard pour diriger Ainsi parlait Zarathoustra

Actuellement, la baguette est le plus souvent faite en bois léger, en fibres de verre ou de carbone, terminée par un manche en forme de poire ou d'olive, généralement en liège ou en bois. Certains chefs d'orchestre comme Henry Wood ou Herbert von Karajan en font faire sur mesure, adaptées à leurs exigences physiques ainsi qu'à la nature des œuvres exécutées[1]. Quant Gaspare Spontini arrive à Dresde en 1844, il demande à Wagner de faire faire une baguette composée d'un épais bâtonnet d'ébène terminé par des pommeaux d'ivoire à chaque extrémité[2].

La dimension des baguettes de direction fluctue entre 25 cm et 60 cm (longueur de la baguette utilisée par le chef Sir Henry Wood[3]. Le Livre des records indique que la plus grande baguette de direction du monde, d'environ 3 mètres, a été utilisée le 14 octobre 2006 à Harvard pour diriger le Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss[4].

Utilisation

La baguette est tenue par le chef d'orchestre de la main qu'il préfère, le plus fréquemment la droite. La manière la plus fréquente de la tenir est entre le pouce et les deux doigts suivants, le court manche prenant appui dans la paume de la main.

Certains chefs, comme Pierre Boulez, Leopold Stokowski, Dimitri Mitropoulos, Jean-Claude Malgoire ou Emmanuelle Haïm, amènent cependant leur orchestre sans baguette, préférant diriger avec les mains. Cette méthode est plus fréquente dans les petits ensembles musicaux, dans la direction de chœurs et dans les formations de musique baroque. [5].

Le fait qu'un chef d'orchestre utilise ou non une baguette doit avoir un rapport étroit avec la musique exécutée. Selon une affirmation de Leonard Bernstein : «Si [le chef d'orchestre] utilise une baguette, la baguette elle-même doit être une chose vivante, chargée d'une espèce d'électricité, un instrument pourvu de signification dans ses plus infimes mouvements. Si le chef n'utilise pas de baguette, ses mains doivent faire le travail avec la même clarté. Mais baguette ou non, ses gestes doivent être avant tout et toujours chargés de sens comparé à la musique[6]

Histoire de la baguette

Antérieurement à l'usage de la baguette, les formations orchestrales étaient dirigées du clavecin ou du pianoforte ou guidées par le premier violon. Les chefs commencèrent en premier lieu à utiliser les archets de violon ou des rouleaux de papier avant que ne fût introduite la baguette moderne.

XVIe - XVIIIe siècle

Le premier témoignage connu de l'utilisation d'une baguette évoque des religieuses de San Vito Lo Capo en 1594. Un compositeur contemporain notait : «la mæstra du concert est assise à une extrémité de la table avec une vergette longue, fine et bien lustrée... et lorsque l'ensemble des autres sœurs sont clairement prêtes, elle leur fait sans bruit plusieurs signes pour commencer puis continue à battre la mesure du tempo qu'elles doivent suivre en chantant et en jouant[7]

Jean-Baptiste Lully (1632-87) tenait le tempo en tapant par terre avec un long bâton utilisé à cette époque. Il se frappa accidentellement l'orteil pendant une répétition de son Te deum pour la guérison du roi, créant un abcès. La blessure devint gangreneuse, mais Lully refusa de se faire amputer et la gangrène se diffusa, provoquant sa mort.

XIXe siècle

L'usage de la baguette fut désapprouvé jusque dans les années 1820-1840 où elle commença à être admise.

Louis Spohr affirme avoir introduit la baguette le 10 avril 1820 en dirigeant sa deuxième symphonie à la Royal Philharmonic Society de Londres, quoique certains témoins aient noté que le chef d'orchestre «est assis là et tourne les feuilles du conducteur mais n'est pas en mesure, sans... sa baguette, de commander à son armée musicale[8]. Il est par conséquent probable que Spohr utilisait la baguette pour les répétitions mais pas lors des concerts.

En 1825, George Smart rapporte que quelquefois «[il bat] le tempo avec un bâton court[9]».

Lorsque Felix Mendelssohn retourna à Londres en 1832, malgré les objections des premiers violons, il fut encouragé à poursuivre avec sa baguette[10]. Malgré le désaccord d'origine, la baguette fut régulièrement en usage au Philharmonic un an après et est toujours utilisée dans l'ensemble des orchestres du monde.

Vassili Safonov est reconnu comme le premier chef d'orchestre moderne à diriger totalement sans baguette.

Notes et références

  1. José Antonio Bowen et al, The Cambridge Companion to Conducting (UK : Cambridge University Press, 2003) p. 3, 4
  2. ibid, p. 104
  3. ibid, p. 4
  4. Article in the Harvard Crimson
  5. Bowen, op. cit., p. 4
  6. Leonard Bernstein, "The Art of Conducting", in The Joy of Music (Londra : Weidenfeld and Nicolson, 1960), p. 150
  7. Ercole Bottrigari, Il Desiderio o Concerning the Playing Together of Various Musical Instruments, tr. Carol MacClintock (Roma : American Institute of Musicology, 1962), p. 66.
  8. Ignaz Moscheles, The Life of Moscheles with Selections from his Diaries and Correspondence, tr. A. D. Coleridge, Londres, Hurst and Blackett (1873), vol. 1, p. 76
  9. H. Bertram Cox et al, Leaves from the Journals of Sir George Smart, Londres, Longmans Green and Co. (1907), p. 212.
  10. John Ella, supplément à Musical Union Record (Londres), 11 juin 1867.


Sources

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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