André Mailfert

Ébéniste, industriel, peintre, écrivain, André Mailfert créa en 1904 à Orléans une entreprise fabriquant de vrais faux meubles anciens.



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Ébéniste - Ébénisterie - Artisanat du bois - Bois

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Ébéniste, industriel, peintre, écrivain, André Mailfert créa en 1904 à Orléans (45) une entreprise fabriquant de vrais faux meubles anciens.

André Mailfert compte parmi les faussaires de meuble les plus connus, parce qu'il a raconté sa vie dans un ouvrage de mémoires, ou il avoue avoir produit de faux meubles, sur une grande échelle, et dans l'intention délibérée de tromper ses acquéreurs, antiquaires et collectionneurs. Il avait compris qu'en matière de meubles anciens, une patine subtilement travaillée appliquée sur des meubles réalisés selon les techniques respectant les traditions de l'ébénisterie et des bois anciens, rendait complexe la distinction entre vrai et faux.

Un faussaire célèbre

Il raconte dans son ouvrage de souvenirs Au Pays des antiquaires comment, avec les quelque deux cents ébénistes, menuisiers, doreurs, patineurs... que compta son entreprise, il écoula chez des antiquaires, des centaines de commodes, tables, trumeaux, sièges, buffets... dont les naïfs acquéreurs n'imaginèrent jamais qu'ils avaient été fabriqués la veille. Jamais avare d'anecdotes, il règle certains comptes avec des membres de la bourgeoisie d'Orléans et se vante d'avoir abusé certaines figures du marché de l'art de l'époque. Cependant les photos des meubles qu'il reproduit, permettent de mettre en perspective les propos de l'auteur et la qualité véritable de ses réalisations. Point de chef d'œuvre chez Mailfert, mais une production assez provinciale ou alors rustique, plus conçue pour une clientèle à la recherche «d'ancien» et de brocante, qu'à de véritables collectionneurs d'objets d'art. Si Mailfert et son équipe sont particulièrement doués pour imiter les traces de l'usure du temps, par contre ils échouent à reproduire d'authentiques chefs d'œuvre du mobilier français du XVIIIe siècle, ou des modèles vraiment dignes d'intérêt, qui aient pu être acquis par des musées ou de grands collectionneurs. On ne peut parler de faussaires de génie. Ceux-là sont le plus souvent plus discrets.

Pour donner le ton des mystifications pratiquées par Mailfert, ce dernier rapporte avoir employé à Orléans, un menuisier appelé Dubois, comme le grand ébéniste Jacques DUBOIS, et qu'il lui faisait signer avec une estampille toutes sortes de sièges Louis XV qu'il réalisait. Ceci sans s'émouvoir que l'authentique Dubois ne réalisait que des meubles d'ébénisterie de très grande qualité, et en aucun cas des sièges (les sièges étaient réalisés par des artisans appartenant à la corporation des menuisiers). L'estampille I. DUBOIS portée sur un siège, quel qu'il soit, n'a aucun sens pour un expert en mobilier, si ce n'est qu'elle est aberrante et forme la marque d'un faux grossier; de même qu'elle traduit chez Mailfert l'ignorance des règles de fonctionnement des corporations aux XVIIIe siècle. Mais la connaissance scientifique du mobilier, l'étude du travail des ébénistes du XVIIIe siècle, n'était au début du XXe siècle pas aussi développée, qu'elle l'est actuellement. En outre le goût pour les meubles anciens était plus commun dans la société, et les amateurs plus enclins à se satisfaire d'avoir fait une bonne trouvaille.

L'école de la loire

Son invention la plus originale consista probablement, dans les années 1930, pour faire face à la crise, à proposer des meubles d'une certaine "École de la Loire" s'inscrivant dans la lignée de J. -F. Hardy, ébéniste du XVIIIe siècle... qu'il avait purement et simplement découvert. Poussé par son goût du canular et son sens du commerce, André Mailfert fit réaliser par un peintre un "mauvais" portrait de l'ébéniste en perruque, publier dans la presse spécialisée des articles sur ce Maître redécouvert, rédigea (il signe discrètement de ses initiales) une remarquable introduction à un somptueux catalogue des "Meubles de l'école de la Loire" (1932), où il retrace la vie de celui dont il prétendait produire des copies, distribuées par Maurice Ærts, un improbable décorateur de Bruxelles qui lui servait de vitrine. Inventer un style, proposer des copies de ce qui n'a jamais existé, orchestrer avec humour une campagne publicitaire audacieuse et sans scrupules pour relancer son entreprise, tels furent les traits de génie de ce maître ès solutions imaginaires.

Son entreprise et son label furent repris en 1935 par la famille Amos, qui poursuivit jusque dans les années 1990 la production de copies comme une copie conforme.

Aujourd'hui le terme de'meubles Mailfert'est quelquefois utilisé pour désigner des copies anciennes de meubles. Ils sont toujours recherchés par certains amateurs de mobilier de charme ou de bonne brocante, qui les préfèrent aux ouvrages authentiques du XVIIIe siècle, plus raffinés, trop précieux et plus chers.

Bibliographie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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