Alfred Ély-Monbet

Alfred Adolphe Ély dit Ély-Monbet est né à Brest le 18 décembre 1879. Il accole à son nom de famille propre le nom de son épouse Marie Monbet après son mariage.



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Naissance en 1879 - Décès en 1915 - Ébéniste - Ébénisterie - Artisanat du bois - Bois

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • La chaire à prêcher, œuvre d'Alfred Ely - Monbet, date de 1913..... Les vitraux sont de l'atelier d'Hubert Sainte-Marie de Quintin.... (source : bro-plistin.pagesperso-orange)
  • attribué à Alfred Ely Monbet, bas relief en bois, XXe siècle, église de Louannec, Côtes-d'Armor. Saint Yves prêchant dans un hospice, ... (source : archives.cotesdarmor)
  • L'atelier n'est par conséquent pas repris mais continue tout naturellement d'exister... (source : djangostation)

Alfred Adolphe Ély dit Ély-Monbet est né à Brest le 18 décembre 1879. Il accole à son nom de famille propre le nom de son épouse Marie Monbet après son mariage. Suivant l'exemple familial, il exerce le métier d'ébéniste. Il disparaît, toujours jeune, le 22 avril 1915, à Bœssingue, près d'Ypres, en combattant à la tête de son bataillon.

Famille et formation

Son père, Bastien Ély, est négociant en meubles à Brest et gère un atelier d'ébénisterie où Alfred se forme, après avoir mené des études secondaires au Collège Saint-Charles, à Saint-Brieuc, jusqu'en 1885.

L'atelier Saint-Guénolé, à Caurel

En 1906, avec le concours de sa femme, il ouvre à Caurel, dans le Sud-Ouest des Côtes d'Armor, l'Atelier de Saint-Guénolé, devenant atelier-école en 1908, nom qu'il choisit en souvenir de la terre de ses ancêtres venue de Landévennec, où une abbaye est reputée avoir été fondée par ce saint.
Il a pour principe de vouloir régénérer l'ébénisterie en Bretagne qu'il juge dégénérée et encline à la facilité et , pour ce faire, il estime qu'il faut faire se lever une nouvelle génération d'artisans qui se perfectionne par l'émulation et la concurrence.
Dès 1907, il saisit l'occasion que lui offre la tenue d'un congrès de l'Union régionaliste bretonne (URB), à Rostrenen (petite ville proche de Caurel) pour faire connaître sa nouvelle production par une exposition de meubles et d'objets.
Cela déterminera son engagement auprès de l'URB, dont il présidera la section des Beaux-Arts. Alfred Ély-Monbet est par conséquent à la fois un militant, régionaliste et catholique social et un pédagogue qui croit au rôle du maître qui reste au plus près de ses collaborateurs et apprentis pour les faire progresser.
En 1913, lors d'une rencontre, à Paris, sur le thème de l'apprentissage organisée par les catholiques sociaux d'Albert de Mun, il décrit ainsi le fonctionnement de son atelier-école :
«L'Atelier Saint-Guénolé, fondé en l908 à Caurel (Côtes-du-Nord), à la campagne, est un atelier-école.
- Atelier, car patron et ouvriers vivent de leur travail, par conséquent intéressés au succès ; car les apprentis sont réellement aux prises avec les difficultés, les imprévus, la variété de la besogne et les besoins de la clientèle,
- École car les apprentis sont nombreux : huit, un par ouvrier (contremaître en sus). Le patron compose ses dessins à l'atelier, par conséquent surveillance et impulsion continuelles,
- École toujours par les occasions perpétuelles, saisies par le patron de conseiller sur le vif ; ensuite cours hebdomadaires (soins, nomenclature, géométrie, goût) exercices journaliers de dessin, faits par les enfants chez eux (ils sortent deux heure avant les ouvriers), et corrigés deux fois par semaine…».

Cette attention portée aux apprentis a pour inconvénient que certaines réalisations de l'atelier, quelquefois laissées à l'initiative des élèves, sont quelquefois de qualité médiocre, en particulier lorsqu'il s'agit de petits objets.
Pour Ély-Monbet, il faut bannir le style nommé Henri II, lié à la mode "gothique" et académique qui concerne aussi l'Allemagne et le Royaume-Uni pour lui substituer un style moins ornementé, moins surchargé de rosaces, fuseaux, cariatides et autres griffons, ce style plus sobre ayant, paraît-il, prévalu en Bretagne au XVIème et XVIIème siècles. Dans un "Mémoire sur l'avenir de l'industrie bretonne" (1908), il rédige qu'il faut "combattre l'horrible camelote parisienne par des modèles soignés et harmonieux".
Sans estimer à un très niveau la production d'Ély-Monbet, Marguerite Le Roux-Paugam estime que certaines pièces rappellent les réalisations de l'École de Nancy, surtout des meubles de Majorelle. Il crée une sorte de version bretonne de l'Art nouveau qui n'hésite pas à couper le bois de biais ou à créer des incurvations qui montrent la matière.

Réalisations majeures

Malgré la briéveté de sa carrière, Alfred Ély-Monbet s'est fait remarquer par diverses productions privées et publiques notables. Dès 1908, le Conseil général du Finistère lui confie la réalisation des fauteuils et sièges pour ses membres. Le député-maire de Plouescat, Pierre Trémintin, lui commande pour son domicile une quantité de meubles particulièrement originaux, dont un porte-manteau, porte-parapluie et siège et une cheminée monumentale plaquée de bois.
Une des sources d'inspiration du sculpteur est constituée des personnages bretons en costumes, dont le répertoire est puisé chez Olivier Perrin, Hippolyte Lalaisse et d'autres. Ces créations remportent un grand succès, tant pour lui que pour ses nombreux concurrents, mais il leur préfère le plus fréquemment des motifs floraux ou "celtiques".
Le mobilier religieux, quelquefois commandé par des recteurs de paroisse, membres de l'URB, lui permet d'étendre le registre aux saints évangélisateurs, fréquemment légendaires, de la Bretagne.
Bien que ce style historié, particulièrement prisé alors, puisse relever d'une obligation alimentaire, on peut apprécier sa virtuosité dans le traitement des personnages sur les chaires, les autels ou des stalles des églises de Louannec, Plestin-les-Grèves et de Plussulien ainsi qu'à la chapelle Saint-Yves de Louannec. Un triptyque représentant saint Gildas est aussi visible dans l'église de Laniscat.

Influence et postérité

Le capitaine de réserve, Alfred Ély-Monbet, mort au champ d'honneur, avait occupé une place éminente dans le mouvement régionaliste [1] qui saisit la Bretagne à la veille de la guerre de 1914-1918. Jules-Charles Le Bozec qui participa au mouvenemnt des Seiz Breur fut un de ses élèves et , son maître, lorsqu'il préconisait un allégement du style régionaliste breton a bien été quelquefois un précurseur de cette école, dont la première manifestation est datée de 1923.

Notes

  1. Le grand poète breton, Jean-Pierre Calloc'h, autre combattant fauché en plein combat, écrit le 15 juillet 1915 : «J'ai été particulièrement affecté de la mort d'Ély-Monbet. C'est une grosse perte pour nous, une perte irréparable» (Lettre à Pierre Mocaër Page :Calloch - A Genoux. djvu/247).

Références

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 14/12/2010.
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